Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Scénario macroéconomique (2017-2026)

Le Système de Projection des Professions du Canada (SPPC) nécessite la préparation d’un scénario macroéconomique afin de déterminer les perspectives de long terme relatives à la croissance de l’emploi total et à la distribution de l’emploi par industrie et profession.

Ce document présente le scénario macroéconomique sous-jacent aux projections de 2017 du SPPC. Ce scénario a été développé en collaboration avec The Conference Board of Canada, en utilisant l’information disponible au printemps 2017.

Les perspectives de long terme relatives à la croissance économique du Canada seront fortement influencées par les changements démographiques, plus précisément le ralentissement de la croissance de la population et le vieillissement de la population. Ces tendances démographiques ne peuvent être évitées et auront un impact important sur les perspectives de long terme concernant la population active, l’emploi et le potentiel économique au Canada.

Démographie, population active et PIB potentiel

La figure 1 présente la croissance de la population canadienne en âge de travailler pour les périodes 1977-1986, 1987-1996, 1997-2006, 2007-2016 et 2017-2026. Cette figure montre que le rythme de croissance de la population en âge de travailler (15 ans et plus) devrait ralentir considérablement au cours de la période 2017-2026, plus particulièrement dans le groupe des 15 à 64 ans.

Figure 1 : Croissance de la population canadienne en âge de travailler

Ce graphique à barre montre la croissance annuelle moyenne en pourcentage de la population canadienne en âge de travailler pour les périodes 1977-1986, 1987-1996, 1997-2006, 2007-2016 et 2017-2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Source : Statistique Canada (données historiques et projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 1 : Croissance de la population canadienne en âge de travailler

Selon la projection, la croissance de la population âgée de 15 ans et plus se situera à 1,0 % par année, comparativement à 1,3 % au cours de la période 2007-2016. Ce ralentissement s’explique par l’affaiblissement de la croissance naturelle de la population (naissances moins décès), lequel est attribuable à la baisse du taux de fécondité ainsi qu’à la hausse des décès causée par le vieillissement de la population. L’augmentation de l’espérance de vie et du nombre d’immigrants ne suffiront pas à contrer le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler.

On anticipe que le ralentissement sera encore plus prononcé dans le groupe des 15-64 ans en raison du vieillissement des baby-­boomers (nés entre 1946 et 1965) qui ont commencé à atteindre l’âge de 65 ans en 2011. Puisque les baby-boomers représentent la génération la plus populeuse de l’histoire du Canada, cela aura pour effet de réduire des trois quarts la croissance de la population dans le groupe des 15­-64 ans au cours de la période de projection (moyenne annuelle de 0,3 % contre 0,8 % pour les dix années précédentes).

La figure 2 présente la distribution en pourcentage de la population en âge de travailler par groupe d'âge en 1976, 1986, 1996, 2006, 2016 et 2026. Elle montre qu'en raison du vieillissement de la population, les individus dans les groupes d'âge plus avancés représenteront une part croissante de la population en âge de travailler.

Figure 2 : Distribution de la population en âge de travailler par groupe d’âge

Ce graphique à barre montre la distribution de la population en âge de travailler par groupe d'âge en 1976, 1986, 1996, 2006, 2016 et 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Source : Statistique Canada (données historiques et projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 2 : Distribution de la population en âge de travailler par groupe d’âge

La totalité des baby-boomers entreront dans le groupe des 55-­64 ans ou dans celui des 65 ans et plus au cours de la période de projection, ce qui augmentera la croissance de la population dans les groupes plus âgés, par rapport aux groupes moins âgés.

Par conséquent, les groupes plus âgés représenteront une part croissante de la population en âge de travailler. D’ici 2026, les 55-­64 et les 65 ans et plus représenteront respectivement 15 % et 25 % de la population en âge de travailler. Cela signifie que 40 % de la population source de main-d’œuvre sera âgée de 55 ans et plus d’ici 2026, comparativement à 36 % en 2016 et à 30 % en 2006.

La figure 3 présente le taux d'activité par groupe d'âge sur la période 1976-2026. Elle montre que selon la projection, les taux d’activité augmenteront marginalement dans la plupart des groupes d’âge au cours de la période 2017-2026, enregistrant la plus forte hausse dans le groupe des 55-64 ans.

Figure 3 : Taux d’activité par groupe d’âge

Ce graphique montre le taux  d'activité en pourcentage par groupe d'âge pour la période 1976 à 2024. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 3 : Taux d’activité par groupe d’âge

La participation au marché du travail devrait également augmenter parmi les 25-54 ans, mais de façon moins marquée que chez leurs aînés, en partie en raison de la stagnation du taux d’activité chez les femmes âgées de 25 à 54 ans et d’une hausse moins rapide du niveau moyen de scolarité.

Après avoir enregistré un recul suite à la récession de 2008-2009, le taux d’activité chez les 15-24 ans a progressé légèrement à partir de 2013-2014 en raison d’un amélioration des conditions du marché du travail chez les jeunes puisque les effets résiduels de la récession se sont graduellement dissipés. Bien que le taux d’activité dans ce groupe d’âge devrait continuer à augmenter légèrement à court-terme, on anticipe que la participation au marché du travail chez les jeunes plafonnera après 2017, en raison de la tendance à la hausse dans les inscriptions post-secondaires et d’une représentation plutôt stable de la communauté étudiante dans la population active.

Dans les groupes plus âgés des 55-­64 et 65 ans et plus, on s’attend à ce que les taux d’activité continuent d’augmenter puisque les nouvelles cohortes ont tendance à prendre leur retraite plus tardivement que les cohortes précédentes, en partie parce qu’elles sont plus instruites et en meilleure santé. Le rythme d’augmentation des taux d’activité devrait toutefois s’essouffler à mesure que les différences entre les générations s’estomperont.

La figure 4 présente le taux d'activité moyen des individus âgés de 15 ans et plus et de ceux âgés entre 15 et 64 ans sur la période 1976-2026. Cette figure montre que malgré la légère hausse projetée du taux d’activité dans la plupart des groupes d’âge, le taux d’activité pour l’ensemble des 15 ans et plus diminuera au cours de la période 2017-2026 en raison du vieillissement de la population.

Figure 4 : Taux d’activité moyen (15+ et 15-64)

Ce graphique montre le taux d'activité moyen en pourcentage de la population âgé de 15 ans et plus et de celle âgée entre 15 et 64 ans pour la période 1976-2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 4 : Taux d’activité moyen (15+ et 15-64)

En effet, le déplacement dans la composition de la population en âge de travailler vers le groupe moins actif des 65 ans et plus devrait venir abaisser le taux d’activité moyen d’environ 1,5 point de pourcentage, soit de 65,7% en 2016 à 64,2% en 2026 (la proportion des personnes affichant un taux d’activité bas augmentera, alors que la proportion des personnes affichant un taux d’activité élevé diminuera, ce qui abaissera le taux d’activité moyen chez les 15 ans et plus).

En revanche, le taux d’activité chez les 15-­64 ans devrait continuer à augmenter au cours de la période de projection, en hausse de 2,2 points de pourcentage, passant de 78,1% en 2016 à 80,3 % en 2026. Bien que la participation des 65 ans et plus sur le marché du travail devrait aussi augmenter légèrement, leur taux d’activité demeurera beaucoup plus faible que celui des autres groupes d’âge, se situant à 14,6% en 2026 (voir la figure 3).

La figure 5 présente le niveau et la croissance de l'ensemble de la population active sur la période 1978-2026. Cette figure montre que le ralentissement anticipé dans la croissance de la population en âge de travailler au cours de la période 2017-2026, jumelé à la baisse du taux d’activité moyen, se traduira par une période de ralentissement marqué dans la croissance de la population active par rapport aux décennies précédentes.

Figure 5 : Population active totale

Ce graphique montre le niveau annuel et la croissance annuelle moyenne de la population active pour la période de 1976 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Le nombre de personnes qui composent la population active est calculé en multipliant la population en âge de travailler par le taux d’activité moyen :
(Population active 15+ = Population 15+ x Taux d’activité 15+)

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 5 : Population active totale

En effet, le nombre de personnes qui feront leur entrée sur le marché du travail demeurera supérieur au nombre de personnes qui quitteront la population active, mais l’écart s’amenuisera au cours de la période de projection, principalement en raison des nombreux départs à la retraite chez les baby-boomers.

Selon la projection, la croissance moyenne de la population active se situera à 0,8 % par année au cours de la période 2017-2026, comparativement à 1,1 % lors des dix années précédentes.

La figure 6 présente l'évolution du PIB réel et du PIB potentiel sur la période 1982-2026. Elle montre que l'écart de production devrait se refermer graduellement jusqu'à ce que l'économie canadienne retourne à son PIB potentiel vers 2018.

Figure 6 : PIB réel et potentiel

Ce graphique montre le PIB réel et potentiel en milliards de dollars pour la période 1982 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 6 : PIB réel et PIB potentiel

À long terme, la demande agrégée est déterminée par le PIB potentiel, soit le niveau d’activité que l’économie peut atteindre lorsque tous les facteurs de production sont utilisés à pleine capacité et de façon efficiente. La production potentielle est fonction de la taille de la population active, du niveau de capital fixe et de la productivité multifactorielle.

Au cours de la période 2003-2007, la croissance de la demande agrégée a surpassé la croissance de la production potentielle, exerçant des pressions sur le marché du travail et abaissant le taux de chômage de façon considérable. Par la suite, l’économie est entrée en récession et la demande agrégée s’est éloignée de la production potentielle, ce qui a donné lieu à un écart de production négatif.

La croissance projetée pour la demande agrégée devrait être plus rapide que celle de la production potentielle à court terme, ce qui réduira graduellement l’écart de production jusqu’à ce que l’économie retourne au PIB potentiel vers 2018. Par la suite, la demande agrégée évolue de pair avec le PIB potentiel.

La figure 7 présente la croissance de l'emploi et de la population active sur la période 2000-2026. Elle montre qu'au cours de la période de projection, la croissance de l'emploi sera de plus en plus contrainte par la croissance de la population active.

Figure 7 : Croissance de l'emploi et de la population active

Ce graphique à barre montre la croissance annuelle moyenne de l'emploi et de la population active pour la période 2000 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 7 : Croissance de l'emploi et de la population active

La réduction graduelle de l’écart de production stimulera la demande de travailleurs, permettant ainsi à l’emploi de croître au rythme de la population active et au taux de chômage de retourner aux niveaux d’avant récession.

En fait, à court et à moyen terme, la croissance de l’emploi devrait être supérieure à la croissance de la population active, ce qui viendra abaisser le taux de chômage.

À plus long terme, toutefois, la croissance de l’emploi sera de plus en plus contrainte par le ralentissement de la croissance de la population active, et par le retour du taux de chômage près des niveaux enregistrés avant la récession de 2008-2009.

Selon la projection, la croissance de l’emploi se situera à 0,9 % par année en moyenne au cours de la période 2017-2026, comparativement à 1,0 % lors des dix années précédentes.

Facteurs de croissance extérieurs et intérieurs de la demande agrégée

La figure 8 présente la croissance du PIB réel aux États-Unis sur la période 1982-2026. Elle montre que bien qu'on anticipe une accélération de la croissance économique aux États-Unis sur la période 2017-2026, les changements démographiques viendront limiter cette croissance.

Figure 8 : Croissance du PIB réel aux États-Unis

Ce graphique à barre montre la croissance du PIB réel au États-Unis en pourcentage pour la période 1982 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique

Sources : U.S. Bureau of Economic Analysis (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 8 : Croissance du PIB réel aux États-Unis

Le taux de croissance moyen du PIB réel américain au cours de la période 2007-2016 a été considérablement affaibli par la récession de 2008-2009. On anticipe une accélération de la croissance économique au cours de la période 2017-2026, particulièrement à court terme, soutenue par une hausse plus robuste des dépenses de consommation et de l’investissement. Des conditions favorables sur le marché du travail, des salaires à la hausse, des taux d’intérêt relativement bas et une amélioration de la situation financière des ménages devraient contribuer à soutenir les dépenses de consommation et l’investissement résidentiel. Grâce à une économie américaine près du plein emploi et des conditions d’emprunts hypothécaires plus accessibles, davantage de premiers acheteurs de maison se joindront au marché de l’habitation. De plus, la hausse du prix des maisons encouragera l’activité dans de le secteur de la construction et accroîtra l’avoir foncier des propriétaires, leur permettant ainsi de financer les dépenses courantes.

L’investissement des entreprises dans les ouvrages non résidentiels et la machinerie devraient également stimuler la croissance économique américaine à court-terme, soutenue par un taux élevé d’utilisation de la capacité industrielle, une plus grande confiance des entreprises, une demande grandissante pour les biens et services, ainsi qu’un rebond de l’investissement relié au secteur énergétique résultant d’une reprise graduelle des prix du pétrole. Les hausses attendues dans les taux d’intérêt demeureront modérées et ne devraient pas dissuader les firmes à investir davantage. Toutefois, les exportations nettes devraient continuer à peser sur la croissance du PIB américain, puisque la croissance des importations excédera la croissance des exportations, ce qui s’explique en grande partie par la valeur élevée de la devise américaine.    

À moyen et à long terme, les impacts des changements démographiques sur la demande intérieure s’intensifieront et viendront ainsi limiter la croissance économique aux États-Unis. En effet, la croissance de la population active ralentira en raison d’une croissance plus faible de la population en âge de travailler et du nombre élevé de baby­-boomers qui prendront leur retraite.

Les effets les plus importants sur la demande agrégée devraient se manifester sur les dépenses de consommation et l’investissement résidentiel. On anticipe un ralentissement du taux de croissance des dépenses de consommation, puisqu’un plus grand nombre d’américains seront à l’aube de la retraite et chercheront à épargner davantage. Parallèlement, le ralentissement de la croissance de la population devrait entraîner une baisse graduelle du rythme de formation des ménages, ce qui se traduira par une hausse plus faible de l’investissement résidentiel. Les changements démographiques devraient également venir accroître la pression sur les finances publiques, limitant la capacité du gouvernement fédéral américain à stimuler la croissance économique.

La figure 9 présente l'évolution du taux de change Canada vs États-Unis et du prix du pétrole sur le marché mondial pour la période 1978-2026. Cette figure montre que depuis le début des années 2000, les changements dans la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain ont largement reflété les fluctuations dans les prix mondiaux des matières premières, en particulier des prix du pétrole.

Figure 9 : Taux de change Canada vs États-­Unis et prix du pétrole sur le marché mondial

Ce graphique montre le taux de change Canada vs États-Unis et le prix du pétrole sur le marché mondial en cents américains pour la période 1978 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 9 : Taux de change Canada vs États-­Unis et prix du pétrole sur le marché mondial

La baisse rapide des prix du pétrole au cours de la seconde moitié de 2014 a entraîné une importante dépréciation de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain. Les prix du pétrole ont atteint un creux au début de 2016 et se sont rétablis quelque peu depuis, mais une situation d’offre excédentaire continue de limiter la croissance des prix. La décision de la Banque du Canada de hausser son taux cible de financement à un jour pour la première fois depuis près de sept ans au milieu de 2017 a permis de soutenir le dollar canadien

On anticipe que, suite à l’amélioration graduelle de la demande mondiale, les prix du pétrole rebondiront progressivement au cours de la période de projection. Ce facteur, combiné à des hausses supplémentaires des taux d’intérêt résultant de l’amélioration des conditions économiques et des conditions sur le marché du travail, se traduira par une modeste appréciation du dollar canadien qui devrait se stabiliser autour de 0,81 dollar américain d’ici 2026.

En moyenne, la valeur projetée du dollar canadien pour la période 2017-2026 demeurera nettement en-dessous de la valeur observée au cour des dix dernières années (0,78 versus 0,93 dollar américain).

La figure 10 présente l'évolution de la part des dépenses gouvernementales dans le PIB réel sur la période 1992-2026. Elle montre que l'intensification des pressions sur les finances publiques viendra limiter la croissance des dépenses gouvernementales au cours de la période 2017-2026.

Figure 10 : Part des dépenses gouvernementales dans le PIB réel au Canada

Ce graphique à barre montre la part des dépenses du gouvernement Canadien sur le PIB réel, incluant les dépenses et les investissements des administrations publiques pour la période 1992 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 10 : Part des dépenses gouvernementales dans le PIB réel au Canada

Après avoir augmenté rapidement en 2009 et 2010 suite à l’implantation d’un vaste programme de stimulus économique dans le but de combattre les effets de la récession, la part des dépenses gouvernementales dans le PIB réel total a chuté de nouveau entre 2011 et 2014, reflétant la décision des gouvernements fédéraux et provinciaux de réduire la croissance des dépenses dans les programmes afin de retourner à l’équilibre budgétaire.

Suite à l’engagement de l’administration fédérale et de plusieurs gouvernements provinciaux de hausser les dépenses en infrastructures, l’investissement public devrait croître de façon marquée en 2017, affichant son gain le plus prononcé depuis le programme de stimulus de 2009-2010. Ce facteur, jumelé à une solide croissance des dépenses gouvernementales en biens et services, viendra augmenter la part de l’ensemble des dépenses gouvernementales sur le PIB total pour une troisième année consécutive. Toutefois, à partir de 2018, ce ratio devrait diminuer graduellement en raison des efforts de réduction des déficits, particulièrement au niveau provincial, limitant ainsi la contribution du secteur public sur la croissance économique.

À plus long terme, les changements démographiques viendront contraindre la croissance du PIB réel au Canada, ce qui réduira la croissance des revenus gouvernementaux, limitant ainsi la capacité des gouvernements à accroitre leurs dépenses.

Composition de la croissance de la demande agrégée

La figure 11 présente la croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations pour les périodes 2007-2016 et 2017-2026. Elle montre que la légère accélération projetée dans la croissance du PIB réel au Canada sur la période 2017-2026 est essentiellement attribuable à une amélioration marquée de la croissance des exportations, puisque le rythme de croissance de la demande intérieure finale devrait ralentir considérablement.

Figure 11 : Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations

Ce graphique à barre montre la croissance annuelle moyenne du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations pour les périodes 2007 à 2016 et 2017 à 2026 . Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections).

Version texte de la Figure 11 : Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations

Exportations

Le taux de croissance moyen des exportations au cours de la période 2007-2016 a été sévèrement affecté par la faiblesse de la demande étrangère durant la récession mondiale de 2008-2009. On anticipe que les exportations augmenteront à un rythme beaucoup plus rapide au cours de la période de projection, puisque de nombreux secteurs devraient bénéficier de la robustesse de l’activité résidentielle, des dépenses de consommation et de l’investissement des entreprises aux États-Unis. La majorité des exportateurs Canadiens devraient également bénéficier d’un dollar canadien relativement faible qui viendra renforcer la compétitivité des exportations canadiennes sur les marchés internationaux. Cependant, à court-terme, la majorité des gains devraient provenir du secteur énergétique, car la croissance des exportations de produits hors-énergie devrait demeurer modeste.

Bien que la robustesse de la croissance économique aux États-Unis devrait constituer la principale source de demande étrangère, la ratification de l’Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union Européenne représente également un développement positif pour les exportations canadiennes. Cependant, la renégociation de l’ALÉNA et la possibilité d’une augmentation des mesures protectionnistes de la part des États-Unis au cours des prochaines années représentent un important risque à la baisse concernant les perspectives d’exportations. Malgré ce risque, la croissance des exportations devrait accélérer et surpasser celle de l’ensemble de l’économie canadienne au cours des dix prochaines années.

Demande intérieur finale

On anticipe un ralentissement de la croissance de la demande intérieure finale au cours de la période 2017-2026, puisque les changements démographiques viendront restreindre la croissance des dépenses de consommation et de l’investissement résidentiel et mettre davantage de pression sur les finances publiques. Toutefois, la croissance de l’investissement des entreprises dans les ouvrages non résidentiels et dans les équipements (machines et matériel) devrait s’améliorer considérablement, soutenue par une reprise graduelle de l’investissement dans le secteur énergétique, ainsi que par la nécessité de moderniser les équipements existants en réponse aux avancées technologiques et au ralentissement de la croissance de l’offre de travail.

La figure 12 présente la croissance des principales composantes de la demande intérieure finale pour les périodes 2007-2016 et 2017-2026. Elle montre que selon la projection, trois des cinqs composantes de la demande intérieure finale croîtront à un rythme plus lent sur la période 2017-2026, contribuant à réduire la croissance de l’ensemble de la demande intérieure finale par rapport à la période 2007-2016.

Figure 12 : Croissance des principales composantes de la demande intérieure finale

Ce graphique à barre montre la croissance annuelle moyenne des principales composantes de la demande intérieur finale pour les périodes 2007 à 2016 et 2017 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Note : Inclus les investissements résidentiels et non résidentiels des gouvernements (i.e. ouvrages de génie et construction de bâtiments).

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections).

Version texte de la Figure 12 : Croissance des principales composantes de la demande intérieure finale

Le ralentissement anticipé dans la croissance des dépenses de consommation est principalement attribuable aux changements démographiques. La croissance plus lente de la population en âge de travailler (15 ans et plus) contraindra la croissance de l’emploi, alors que le vieillissement de la population se traduira par des départs massifs à la retraite pour les baby-boomers. Ces deux facteurs viendront restreindre la hausse du revenu disponible, ce qui entraînera un ralentissement de la croissance des dépenses de consommation. Le niveau élevé d’endettement des ménages et l’augmentation graduelle des taux d’intérêt devraient également peser sur les dépenses de consommation, particulièrement pour les articles coûteux. La croissance des dépenses de consommation devrait ralentir pour la plupart des catégories de biens et de services.

On anticipe aussi un ralentissement de la croissance de l’investissement résidentiel. En réponse à la baisse graduelle du taux de formation des ménages et la hausse progressive des taux d’intérêt hypothécaires, la construction de logements neufs devrait commencer à fléchir à partir de 2018, entraînant une croissance négative sur l’ensemble de la période de projection. Les coûts de transfert de propriété (associés à la revente de maisons existantes) devraient également enregistrer une croissance négative. En revanche, les dépenses de rénovation devrait croître à un rythme plus rapide, faisant de cette sous-composante la seule source de croissance de l’investissement résidentiel sur la période 2017-2026. Au-delà de 2020, les dépenses de rénovation devraient surpasser les dépenses reliées à la construction de logements neufs.  

Les efforts visant à réduire les déficits budgétaires, notamment dans les provinces, et les pressions exercées par les changements démographiques sur les finances publiques viendront restreindre la hausse des dépenses et des investissements gouvernementaux. Après un stimulus temporaire en 2017, grâce à l’engagement des administrations fédérale et provinciales de hausser les dépenses en infrastructures, la croissance des dépenses du secteur public devrait ralentir graduellement puisque les gouvernements, particulièrement au niveau provincial, devront améliorer leur situation budgétaire.

Entre 2014 et 2016, l’investissement non résidentiel a chuté de 25 %, principalement en raison de la forte baisse des investissements dans les ouvrages de génie reliés au secteur pétrolier et gazier. Ceci a grandement limité la croissance de l’investissement non résidentiel au cours de la période 2007-2016. On anticipe toutefois une reprise graduelle des prix du pétrole qui, jumelée aux perspectives positives concernant les projets de pipeline, devrait se traduire par un redressement des investissements dans les ouvrages de génie reliés au secteur pétrolier et gazier. Une croissance plus robuste dans la construction de bâtiments non résidentiels (commerciaux, industriels et institutionnels) contribuera également à accélérer la croissance projetée dans l’investissement non résidentiel sur la période 2017-2026.

Selon la projection, l’investissement des entreprises en machines et matériel enregistrera la plus forte croissance parmi les composantes de la demande intérieure finale sur la période 2017-2026. La reprise graduelle des investissements dans le secteur énergétique, le redressement de l’activité manufacturière, ainsi que la nécessité de moderniser les équipements existants et de stimuler la productivité viendront favoriser les investissements en machines et matériel à moyen et long terme. Les nouvelles technologies et le ralentissement anticipé dans la croissance de la population active (offre de travail) inciteront également les entreprises à investir davantage dans le capital physique.

La figure 13 présente l'évolution des exportations réelles nettes en pourcentage du PIB réel total sur la période 1982-2026. Elle montre qu'on anticipe une amélioration graduelle des exportations nettes au cours de la période 2017-2026, contribuant à la hausse de l'activité économique au Canada.

Figure 13 : Exportations réelles nettes

Ce graphique à barre montre la part des exportations réelles nettes du PIB réel total pour la période 1982 à 2026. Les données sont présentées dans la table à la suite de ce graphique.

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, scénario macroéconomique 2017 du SSPC (projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la Figure 13 : Exportations réelles nettes

Puisqu’on anticipe que la croissance des exportations réelles sera supérieure à celle des importations réelles, la situation du Canada sur le plan des échanges commerciaux devrait s’améliorer au cours de la période de projection, contribuant ainsi à la hausse de l’activité économique. Le déficit commercial s’est transformé en surplus en 2016 et ce surplus devrait continuer à augmenter, atteignant 2,4 % du PIB réel total en 2026.

L’amélioration projetée dans les exportations nettes est principalement attribuable à un dollar Canadien concurrentiel ainsi qu’à la croissance accrue de la demande étrangère, particulièrement en provenance des États-Unis, ce qui devrait permettre aux exportations d’enregistrer une croissance plus rapide sur la période 2017-2026 (voir figure 11). Cependant, les perspectives de court terme sont assujetties à un niveau d’incertitude considérable en matière de libéralisation du commerce causé par les renégociations de l’ALÉNA, différentes restrictions commerciales imposées aux produits agricoles et forestiers (bois d’oeuvre), ainsi que l’opposition de l’administration américaine à l’entente de Partenariat transpacifique (PTP). De plus, les perspectives de long terme pour les exportations seront contraintes par le ralentissement anticipé dans la croissance économique aux États-Unis, puisque les changements démographiques viendront freiner la croissance de la demande intérieure et de la production potentielle du plus grand partenaire commercial du Canada (voir figure 8).

Les importations devraient également enregistrer une croissance plus rapide au cours de la période 2017-2026. Le renforcement anticipé dans les investissements des entreprises, particulièrement en machines et matériel, stimuleront les importations canadiennes à court terme. À plus long terme, la croissance des importations sera limitée par un dollar Canadien relativement faible ainsi que par une croissance plus modérée de la demande intérieure finale, notamment dans les dépenses de consommation ayant une forte propension à l’importation. En raison du vieillissement de la population, les Canadiens devraient consommer davantage de services et légèrement moins de biens. Puisque les services ont un contenu généralement moins élevé en matière d’importations, ce changement dans la demande des consommateurs devrait avoir une incidence négative sur le volume des importations.

Les changements projetés dans les sources de croissance extérieures et intérieures de la demande agrégée viendront modifier le rythme de croissance de la production industrielle et de l’emploi au cours de la période 2017-2026. Veuillez consulter le Scénario sectoriel (2017-2026) pour plus d'informations.

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